vendredi 25 mai 2012










Renforçons la paix civile et l’unité nationale et engageons-nous à édifier l’état démocratique et résistant

Le bureau politique du Parti Communiste libanais a étudié les développements politiques et la sécurité dans tout le pays, en particulier dans la région du Nord :

1-Le Bureau politique du PCL considère que le pays va droit à un nouveau précipice, à cause des combats itinérants et de l’atmosphère de mobilisation confessionnelle qui exacerbe la tension. Cette situation, jointe à des tentatives de régionalisation, pousse le Liban vers la division en cantons confessionnels et la liquidation des institutions, l’armée notamment ; ce qui mènerait à supprimer les bases de l’unité du Liban et, par suite, son existence même.

2-Il considère aussi que ce qui se passe dans la région du Nord ne peut être isolé de la situation qui prévaut en Syrie ; surtout que les combats ont suivi de près la visite de Jeffrey Feltmann et de Joe Liebermann à nos frontières avec la Syrie. Sans oublier qu’ils ont commencé le lendemain des appels que certains pays du Golfe avaient lancés, demandant à leurs concitoyens de quitter le territoire libanais. Tout cela laisse penser que les États-Unis continuent leurs pressions afin de transformer le Liban en une base arrière d’où arriveraient armes et appui logistique afin d’aider la partie de l’opposition syrienne affiliée à Washington à poursuivre son offensive contre le régime, menant à l'épuisement de la Syrie pendant une longue période.

3-Il exprime son mécontentement de ce que le Liban, à la veille du douzième anniversaire de la Libération (25 mai 2000), se trouve à nouveau dans la tourmente. La libération de la majorité de notre territoire de l’occupant israélien n’a pas libéré en même temps le citoyen libanais qui reste la proie de la pauvreté, de l’humiliation et de l’injustice, mais aussi de l’insécurité ; parce que la libération nationale n’a pas été accompagnée du changement démocratique qui pouvait, seul, prémunir le Liban contre les menaces extérieures et, surtout, intérieures qui pèsent sur son unité, et donner aux Libanais le sentiment qu’ils vivent dans la dignité, la sécurité et la stabilité.

4-Dans ce contexte, le Bureau politique du PCL rend le gouvernement actuel responsable, au même titre que ses prédécesseurs, de ce qui se passe dans le pays. Parce que ce gouvernement n’a pas pris les mesures nécessaires capables de mettre le Liban à l’abri des interférences régionales et internationales mais aussi de consolider les éléments nécessaires à sauvegarder l’unité nationale, dont, en premier lieu, les réformes nécessaires. Parce qu’il s’est contenté de gérer la crise qui sévit au lieu de tenter de s’en sortir et de faire face à l’état d’insécurité et à la situation de clivage et de propagandes confessionnels. Le résultat, aujourd’hui, est la menace de chute de la république née de l’Accord de Taëf et avec elle celle des institutions nationales.
Cette escalade demande une solution rapide et radicale avant que la crise n’entraine, une fois de plus, les Libanais dans une nouvelle guerre civile dont le seul résultat serait la destruction du pays, la liquidation des victoires de la Résistance et la facilitation du plan préconisé par Israël contre nous.
Voilà pourquoi le PCL appelle toutes les forces politiques démocratiques ainsi que toutes les forces populaires à prendre en main leur responsabilité, à œuvrer par tous les moyens démocratiques mis à leur portée, et à manifester leur volonté de renforcer la paix civile et l’unité nationale et d’édifier l’état démocratique et résistant.

Le Bureau politique du Parti Communiste libanais
Le 23 mai 2012

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