mardi 18 janvier 2011







Le caméléon à l’œuvre en Tunisie…..et le tsunami qui déferlera



Le premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi a annoncé lundi 17 janvier 2011 à Tunis, la formation d'un "gouvernement d'union nationale".

De quelle union nationale s’agit-il lorsque parmi les ministres, outre le chef du gouvernement, sept étaient membres du gouvernement de sa majesté le dictateur ?

De quelle unité nationale s’agit-il lorsque les postes clés sont détenus par des anciens collaborateurs du dictateur (Intérieur, Défense, Affaires Étrangères et Finances) ?

Ne cache-t-il pas son intention de verrouiller dans l’objectif, non seulement de faire avorter la Révolution des Jasmins, mais aussi et surtout de pérenniser un pouvoir néo libéral maintenant le pays sous l’emprise des puissances impérialistes ?

La ligne directrice du premier ministre peut se résumer par ce qui suit :

1- Tout en faisant croire à sa « sincérité » de rompre avec la dictature, œuvrer pour une gouvernance sociale démocrate à l’image de celles prônées à travers le monde par l’Internationale Socialiste, une gouvernance qui, non seulement se soumet au diktat du Fond Monétaire International dont l’unique objectif est de perdurer et d’accentuer le chômage et l’extrême pauvreté qui sévissent, mais aussi de pratiquer intelligemment et en douceur la répression et les atteintes aux libertés.

2- Si possible œuvrer pour la réhabilitation et le retour triomphant du dictateur.


Le premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi a annoncé la légalisation de tous les partis politiques qui le demanderont.

La légalisation de tous les partis politiques interdits est déjà acquise par la souveraineté populaire ; le premier ministre devait par conséquent l’acter lors de sa déclaration officielle de son gouvernement.

Le premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi a également annoncé à la presse des mesures d'ouverture démocratique: liberté totale d'information, libération de tous les prisonniers d'opinion et levée de l'interdiction d'activité des organisations de défense des droits de l'homme.

De quelle ouverture démocratique s’agit-il lorsque ce premier ministre ne s’est même pas soucié, lors des consultations en vue de former son gouvernement, de consulter deux importantes formations politiques, à savoir le Parti Ennahda et le Parti communiste des ouvriers de Tunisie ?


Ce nouveau gouvernement s’est fixé comme objectifs de préparer les prochaines élections présidentielle et législative.

A quel type de gouvernement a-t-on affaire lorsque dans sa gestion de la transition, aucune mesure économique ou sociale n’est prévue en vue de répondre à l’urgence et aux aspirations du peuple ?


Le premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi nous a encore rabâché qu'il avait formé un gouvernement qui intègre les différents partis et composantes de la société civile.

Franchement, il faut être naïf pour croire à sa sincérité et au sérieux de son gouvernement.


Le premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi a déclaré ce mardi 17 janvier 2011 que les sept ministres reconduits, notamment son excellence, pendant les derniers jours de la dictature, étaient restés à leurs postes pour éviter le chaos.

De quel chaos s’agit-il lorsque je me maintiens à mon poste de premier ministre ou de ministre pendant que le peuple criait justice et qu'un jeune chômeur de 26 ans s'immolait par le feu, le 17 décembre 2010 ?


Toujours, ce mardi 17 janvier 2011, il déclara que tous les anciens du régime seront arrêtés et jugés. En même temps, Sept de ces anciens et notamment l’ancien premier ministre sont reconduits à leurs postes de responsables au sein de la nouvelle gouvernance dite d’unité nationale!!!

Encore et encore, ce même mardi, il déclara avoir eu "l'impression" que Leïla Traboulsi, la femme du président déchu, dirigeait le pays à la fin du règne de l'ex-homme fort de Tunis.


L’hypocrisie à son comble dirons-nous.


Ce mardi 18 janvier 2011, le peuple est encore descendu dans les rues pour exiger le départ de tous les anciens ministres de la dictature « Ben Ali ».

Cette fois-ci, la leçon donnée par Michèle Alliot Marie a été entendue : les manifestations furent dispersées durement à grands coups de matraque et de bombes lacrymogènes et non par balles réelles.
Ils peuvent se féliciter de leur répression « en douceur », sauf qu’ils ignorent une réalité historique : la révolution initiée par ce grand peuple, non seulement se poursuivra jusqu’à la victoire finale, mais aussi déferlera en tsunami sur l’ensemble de nos régimes dictatoriaux.



Aucun commentaire: