mercredi 28 juillet 2010

Al Manar
24/07/2010

Le premier ministre libanais, Saad Hariri, a réfuté les propos du secrétaire général du Hezbollah, en rejetant les doutes sur le Tribunal Spécial pour le Liban (TSL).

Lors d'un congrès de son mouvement, ce samedi, à Beyrouth, Hariri, a estimé que ce "tribunal jouit d'une crédibilité internationale et arabe". Il a également ajouté qu'il attend l'acte d'accusation qui sera prononcé prochainement par le TSL.


"Nous ne basons pas nos positions (concernant le TSL) sur des informations propres à l'enquête", s'est borné à déclarer Hariri. "Assez de spéculations, assez d'intimidation, assez de provocation", a-t-il encore dit.


De leur côté, les députés du courant du "Futur" ont démenti la version rapportée par Sayed Nasrallah sur l'acte d'accusation du TSL. Selon ces députés, Hariri parlait avec Sayed Nasrallah sur les informations publiées dans les médias.


Pour le député Ammar Houri, ce dernier ne pouvait "sûrement pas être au courant" du contenu de l'acte d'accusation, dont la publication par le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) est attendue en fin d'année. "C'est faux. Ils ont juste parlé des informations de presse», a prétendu Houri.


De son côté, le député Hadi Hbeich, également du mouvement "Futur", a déclaré que "Hariri n'a pas informé Sayed Nasrallah du contenu de l'acte d'accusation pour la simple raison qu'il n'est pas au courant de son contenu".


Rappelons, que le secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, a affirmé, jeudi, avoir été personnellement informé par le Premier ministre libanais que des membres indisciplinés du Hezbollah seront accusés par le Tribunal spécial pour le Liban dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri.

"Il m'a dit qu'il était prêt, le cas échéant, à dire en public que le Hezbollah n'avait rien à voir avec l'assassinat et qu'il s'agissait juste de membres indisciplinés", avait également ajouté Sayed Nasrallah.






EN REPONSE A TOUT CELA

Ci-dessous, les propos tenus par l’ancien directeur de la DST, services du contre-espionnage français, Yves Bonnet, lors de son interview avec « Al Intiqad »


Réalisé par Nidal Hmadeh d’Al Intiquad
Traduit par Liban Résistance

Aucun indice sérieux…

Je suis étonné de ce tribunal qui, n’ayant jamais pu recueillir le moindre indice sérieux sur l’assassinat de Rafiq Hariri, puisse prétendre émettre des jugements ; par ailleurs je me demande sur quels éléments factuels s’était-il basé jusqu’à nos jours.

Je ne souhaite pas m’ingérer dans les affaires intérieures du Liban ; cependant, en qualité de responsable de la sécurité, il est impossible d’identifier les criminels car les enquêteurs internationaux au sein de la commission d’enquête n’avaient pas enquêté sur le lieu du crime durant les quatre premiers jours qui suivirent l’attentat et ne l’avaient débutée que plusieurs semaines après. Ceci réfute donc toute hypothèse affirmant que l’enquête menée possède des indices obtenus sur les lieux du crime et prouve que le tribunal, n’étant en possession d’aucune preuve, agit sur une base politique.

Aucune justice internationale n’est neutre…

A nos jours, aucune justice n’est neutre et je l’affirme grâce à mon expérience dans le domaine de la sécurité.

Tous les tribunaux internationaux qui s’étaient constitués durant l’histoire moderne, notamment celui de l’assassinat de Hariri, furent politisés par les grandes puissances ; le tribunal spécial pour le Liban est soumis à la décision politique américaine et agit conformément à la volonté des grandes puissances.

Des enregistrements de communications téléphoniques ?

Du point de vue de la justice, cette hypothèse ne tient pas debout ; par ailleurs, durant quatre années pendant lesquelles ils accusaient la Syrie, où étaient-elles, ces communications téléphoniques ?

Il s’agit ici de l’exécution d’une nouvelle politique américaine fondée sur la provocation de conflits internes et de guerres civiles plutôt que sur les guerres.

Israël et les États-Unis qualifient le Hezbollah de premier obstacle à leurs tentatives d’imposer leur domination et c’est pour cette raison qu’actuellement l’histoire des communications est soulevée. Ici je vise l’infiltration israélienne du réseau de communications libanais, ainsi que les récentes arrestations.

Une évidence…

Dans tous les assassinats politiques, il faudra commencer par enquêter parmi les collaborateurs les plus proches de la victime ; je crois que Hariri fut assassiné par des proches collaborateurs.


Quelle est la partie ayant intérêt de perpétrer cet assassinat ?

Mais aussi, dans des affaires de ce type, nous devons toujours se poser la question, pourtant évidente : Quelle est la partie ayant intérêt à perpétrer cet assassinat ?

Durant toutes les années passées, nous disions aux forces du 14 Mars que la Syrie est la première à subir les préjudices de cet assassinat ; malheureusement personne ne nous écoutait. Et voilà qu’aujourd’hui les évènements confirment nos dires.

Et aujourd’hui j’affirme que ce qui s’appliquait à la Syrie, s’applique également au Hezbollah ; ce dernier n’a aucun intérêt à tirer dans l’assassinat de Rafiq Hariri ; contrairement à ce que l’on croît, il est le principal perdant dans cet assassinat.
Que cherche-t-il en assassinant Rafiq Hariri ? Pour se mettre la société libanaise sur le dos ? Ou encore pour offrir au monde un motif pour le combattre ?
De plus, Rafic Hariri, aussi important et influent politiquement qu’il était, ne constituait pas de menace pour le Hezbollah sur la scène libanaise.

Par ailleurs, pourquoi aucune des parties n’évoque Israël ?
Pourtant ce voisin du Liban possède une longue expérience et une histoire bien riche en matière d’assassinats politiques ; de plus les israéliens possèdent les capacités techniques et de moyens de renseignement leur permettant de mener une telle opération.

Il y a des hommes politiques libanais, parmi eux Samir Geagea, qui accusent le Hezbollah.

Samir Geagea n’a aucune crédibilité ni au Liban, ni dans le monde. Cet homme est un assassin dont le passé sanglant est riche en assassinats politiques. Comment ose-t-il alors accuser ?
Par ailleurs, la présence d’une partie israélienne au sein du jeu politique libanais est connue de tous.

Et la solution ?

Il y a des procédés qui, malgré l’absence de tout indice ou preuve tangible, permettent d’aboutir à la vérité ; parmi ces procédés, l’interrogation d’Al Siddiq et les autres faux témoins, dans l’objectif d’identifier les commanditaires ayant intérêt dans cet assassinat.

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