samedi 16 janvier 2010

FEU SUR NOTRE VOLONTE DE CHANGEMENT ET DE PROGRES


La volonté exprimée par le président de la Chambre et leader du mouvement Amal, Nabih Berry, d'obtenir à brève échéance la formation de la commission nationale sur l'abolition du confessionnalisme politique continue de susciter de nouvelles réactions hostiles…

Ce dossier a été au centre des entretiens que nombre de personnalités ont eus hier à Bkerké avec le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, lequel ne cesse de réaffirmer devant ses visiteurs qu'il faudrait d'abord abolir le confessionnalisme dans les esprits avant de l'abolir dans les textes.

L'ancien député sunnite de Tripoli Misbah el-Ahdab a ainsi souligné, au terme de son entrevue avec le patriarche maronite, que sur le plan du principe, l'abolition du confessionnalisme est, certes, « extrêmement importante et stratégique pour le Liban ».
Il a ajouté, je cite : « Nous aspirons tous à l'édification d'un État civil qui préserverait l'égalité entre les citoyens tout en sauvegardant dans le même temps les spécificités des communautés et des cultures diverses, a déclaré M. Ahdab.
Le problème ne réside pas dans le fait de soulever la question de l'abolition du confessionnalisme, mais dans le processus suivi et dans le timing choisi. En ce qui concerne le processus, lorsque le patriarche Sfeir souligne qu'il faut abolir le confessionnalisme dans les esprits avant de l'abolir dans les textes, il reflète le point de vue d'une large faction des Libanais qui n'ont pas confiance dans cette classe politique qui est profondément ancrée dans le confessionnalisme et le sectarisme…. ».
Il a poursuivi, je cite : « Ce problème constitue-t-il une priorité aujourd'hui ? Nous sommes confrontés actuellement à une tension sectaire et à une situation explosive dans la région, du Yémen à l'Irak en passant par Gaza et l'Iran, ce qui risquerait de déboucher sur une nouvelle agression israélienne contre le Liban. Dans un tel contexte, n'est-il pas préférable d'axer nos efforts sur la mise en place d'un filet de sécurité au plan interne, au lieu de nous lancer dans des débats qui risquent d'envenimer la situation sur le plan confessionnel, au lieu d'atténuer le problème ? ».

Quant à M. Toufic Hindi, ancien conseiller politique du leader des Forces libanaises, il a relevé, à l'issue de son entretien avec le patriarche Sfeir, que conformément à l'article 95 de la Constitution, il revient au Parlement, et nullement au président de la Chambre, de former la commission nationale sur l'abolition du confessionnalisme.
Il a ajouté, je cite : « La décision se situe ainsi au niveau du Parlement et non pas entre les mains du président de l'Assemblée. L’article 49 de la Constitution stipule que c'est au président de la République de préserver l'indépendance, l'unité et l'intégrité territoriale du Liban, de même qu'il est garant de la bonne marche de la vie politique et constitutionnelle dans le pays, et de ce fait, l'autorité de référence est à Baabda, et non pas à Damas, au Caire, à Riyad, à Paris, à Washington ou à Téhéran. ».

De son côté, l'ancien ministre Joe Sarkis (Forces libanaises) a déclaré, je cite : « Le président de la Chambre est sans doute conscient du fait que soulever la question de l'abolition du confessionnalisme politique, alors que la communauté chiite possède encore des armes, ne peut que susciter de graves appréhensions au niveau d'une large faction de Libanais, aussi bien chrétiens que musulmans. ».

Abondant dans le même sens, le député Kataëb de Zahlé, Élie Marouni, a souligné que le timing n'est nullement opportun à un débat sur l'abolition du confessionnalisme politique.
Il a ajouté, je cite : « Comment peut-on abolir le confessionnalisme alors qu'il se manifeste partout et à tous les niveaux ? » puis affirma qu'une telle mesure reviendrait à saper le système libanais.
Plus loin, il poursuivit en déclarant, je cite : « Faudrait-il prendre en considération cette proposition (de M. Berry) alors que dans le même temps nul ne veut débattre de la question que nous soulevons au sujet de armes du Hezbollah ? ».

M. Ibrahim Kanaan, membre du bloc parlementaire aouniste, a souligné que le moment n'est nullement opportun à un débat sur l'abolition du confessionnalisme.
Il a ajouté, je cite : « La priorité au stade actuel est-elle à la formation de la commission sur l'abolition du confessionnalisme ou à d'autres problèmes constitutionnels ?...Il faudrait d'abord créer un climat serein, susceptible de rétablir la confiance de toutes les composantes de la société libanaise en leur système politique. ».




Messieurs les gardiens de la demeure…,

Notre jeunesse, souhaitant contribuer à l’édification d’une Société Civile dans laquelle elle pourra pleinement s’épanouir, a été exclue de tout processus de gestion de la Cité par un système qui nous a été imposé par le colonialisme, ceci depuis plus d’un demi-siècle.
Et pourtant, cette même jeunesse vous a prouvé à maintes reprises que les esprits ont depuis changé, par ses revendications sociales, sa volonté pour le changement et son acte résistant, tous sans exception, dépassant très largement les seuils du confessionnalisme, du clientélisme et l’esprit de clan.
Oui, les esprits ont changé et il est temps que vos textes soient remplacés par les mots et phrases qui dynamisent enfin notre vécu.



Messieurs les gardiens de la demeure…,

Vous osez déclarer qu’une large faction des Libanais n'ont pas confiance dans cette classe politique qui est profondément ancrée dans le confessionnalisme et le sectarisme…, alors que, pas plus qu’hier, durant une échéance électorale, vous aviez organisé l’achat des consciences et mobilisé les avions de ligne, corruption à l’appui, pour perdurer vos privilèges de classe.



Messieurs les gardiens de la demeure…,

Vous osez exprimer votre volonté d’axer vos efforts sur la mise en place d'un filet de sécurité au plan interne, alors qu’à maintes reprises, non seulement vous aviez financé la terreur, mais aussi vous l’aviez encouragée jusqu’à collaborer avec ses auteurs durant les moments difficiles.



Messieurs les gardiens de la demeure…,

Pour vous, soulever la question du confessionnalisme, alors que nos braves résistants veillent jour et nuit sur votre demeure, ne peut que susciter de graves appréhensions au niveau d'une large faction de Libanais, aussi bien chrétiens que musulmans.
Sachez messieurs que le Peuple ne craint pas sa Résistance ; il craint votre système enrobé de confessionnalisme, à bout de force, qui ne cesse de l’asphyxier encore plus.



Messieurs les gardiens de la demeure…,

Sachez que la seule vérité sortant de vos bouches a été d’admettre que l’abolition du confessionnalisme vise à saper un système qui n’a jamais eu à se soucier de l’avenir et du devenir de notre Liban, si ce n’est à ébranler la demeure et la rendre de plus en plus vulnérable.



Messieurs les faux gardiens de la demeure…,

Sachez que, non seulement nous veillerons à la demeure, mais aussi nous vous imposerons notre volonté de changement.



Enfin, un tout petit mot à l’attention de notre Patriarche, Chef d’Orchestre de ces faux gardiens de la demeure…,

Etes-vous d’abord au courant des propos tenus par un chef religieux Mohammad Arifi, invitant les pays islamiques à détruire les églises construites sur leurs territoires ?

Si vous êtes vraiment sincère, exigez du régime saoudien une politique ferme à l’encontre de tous ceux qui exacerbent les divisions et les rancunes dans la grande demeure arabe, du fin fond de son Machreq, au fin fond de son Maghreb.

Quant aux armes résistantes, que vous le vouliez ou non, elles resteront fermement tenues par nos bras.



Un « chrétien maronite » d’abord, puis ensuite libanais,
comme vous dites dans la demeure,
16 janvier 2009

Aucun commentaire: