dimanche 26 avril 2009

Faisons du 7 juin 2009 un témoin d’un refus majoritaire : l’abstention massive


Une union en adaptation permanente
1951 : Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA)
1957 : Marché Commun et Communauté Economique Européenne (CEE)
1992 : Union Européenne (UE)

Une machine à cadrer
1957 : traité de Rome
1992 : Maastricht
1997 : Amsterdam
2001 : Nice

Cette union et la machine qui la cadre furent ainsi conçues par les grands de l’industrie et de la finance européens en vu non seulement de préserver le mode capitaliste au sein de chaque pays, mais aussi et surtout de permettre à leurs composantes nationales de franchir les frontières.
Ce franchissement leur est édicté à la fois par leur logique effrénée d’exploiter au mieux la force du travail et d’augmenter les profits et leur souci de survie face à la mondialisation en marche.

La structure et la machine étant ainsi mises en place, leur pouvoir, cette fois-ci s’exerce à l’échelle européenne, à travers leurs représentants : les commissaires européens qui devront opérer au plus vite, chacun dans sa sphère de compétence. Aucune sphère n’est épargnée : la concurrence, le commerce extérieur, la Justice, la Sécurité, l’Environnement, etc.

Ce système, nommé Commission Européenne est propre au Grand Capital Européen et lui est intrinsèque ; il n’est pas et ne sera jamais issu d’un suffrage universel.
Il est la dynamique capitaliste qui impose et imposera toujours à chacun des pays membres ses directives : transposer leurs règles à l’échelle nationale, favoriser la libre circulation des capitaux et des moyens de production tout en sacrifiant des millions de travailleurs, surexploiter la main d’œuvre européenne dont le coût frôle le zéro, intensifier les logiques agricoles opérationnelles en faveur des géants de l’agro-alimentaire en accentuant la destruction de l’environnement jusqu’à mettre en péril nos pauvres abeilles, sacrifier la majorité de nos jeunes et de nos chercheurs en les privant des moyens d’épanouissement, destruction des structures non rentables à leurs yeux, supprimer les acquis sociaux dans chaque pays, remodeler les espaces administratifs et de gestion pour mieux les adapter aux visées du Grand Capital, tout en détruisant les lieux de solidarité et de proximité, etc.

Ce système échappant totalement au suffrage universel est et sera clos, interdit d’accès à tout responsable qui par naïveté croît ou croira encore à un possible changement d’en haut.

Quant au Parlement Européen, il est et sera toujours condamné seulement à justifier les mesures prises par la Commission Européenne ; il est et restera à la marge.
Certes, il y a eu quelques exceptions où la Commission était, sur avis ou recommandations du Parlement, revenue sur ses décisions ; mais ce retrait fut toujours sous une forte pression populaire et non du fait d’un rapport de force au sein du Parlement.

La Commission Européenne consolidée ainsi dans son espace devra également franchir les frontières européennes pour reconquérir avec vigueur l’espace international en adoptant la logique de mondialisation.
Elle devra aussi s’aligner aux logiques de guerre, d’occupation et de répression à travers le monde pour mieux piller et gaspiller les ressources, en vu de l’augmentation des profits.
C’est sous cet angle que l’on comprend mieux la réadaptation de l’OTAN et l’intégration de nouveaux pays en son sein, les récents conflits et guerres en Europe, l’occupation de l’Iraq et de l’Afghanistan, le soutien inconditionnel de l’entité sioniste en Palestine, le soutien financier et militaire accru à la Collaboration Arabe dans son combat contre la Résistance, l’ingérence au nom de l’humanisme et des Droits de l’Homme, le soutien des dictatures tant qu'elles leur sont fidèles, les complots en vu du renversement des gouvernements, résolument résistants et en quête de justice sociale pour leurs peuples.

Cette Europe là, inerte de par l’inertie de son Parlement, efficace de par le pouvoir absolu de sa Commission, devra être abolie.

Quant à l’Europe des Peuples, elle ne pourra naître que par la convergence de toutes les luttes populaires à travers tous les pays, pour l’abolition du capitalisme et l’instauration d’un système ouvrant la voie à un socialisme authentiquement révolutionnaire.
Dans son prolongement et son aboutissement, cette convergence pourra générer une plate-forme révolutionnaire faisant cette fois-ci émerger cette Europe, la nôtre.


En attendant, voter le 7 juin prochain, c’est donner une légitimité à une machine entièrement commandée par le Grand Capital qui n’a rien à branler de notre Histoire, de nos revendications et de nos aspirations vers une société meilleure et un monde en paix.

Faisons du 7 juin 2009 un témoin d’un refus majoritaire : l’abstention massive.

Aucun commentaire: