samedi 7 mars 2009

soixante douze ans...


UNE MEMOIRE ASSASSINEE CAR ELLE AVAIT UNE DOUZAINE D’ANNEES EN 1948




Jeudi 8 janvier 2009 au matin, je me réveille. Je fais quelques pas pour regarder à travers la fenêtre de ma petite maison.

C’est une humble maison du village Al-Qarara, à l’est de Khan Younes, au sud de la bande de Gaza.

Je jette un regard sur la maison de mon père, un septuagénaire de 72 ans.

Des tirs se font brusquement retentir. Je ne savais pas qu’il y avait une incursion de l’armée israélienne dans les environs immédiats.

Je vois mon père sortir de sa demeure et marcher lentement, s’appuyant sur sa canne. Il me fait signe qu’il vient chez nous.

J’entends de nouveaux tirs cette fois-ci rapprochés, puis je vois mon père s’écrouler et tomber brusquement par terre.

Ma femme et mes six enfants commencent à crier.

Nous quittons alors la maison quand les soldats armés jusqu’aux dents surgissent de derrière les oliviers.

Dirigeant leurs M16 vers nous, ils nous ordonnent de ne plus faire un geste.
Deux d’entre eux avancent vers nous, tandis deux autres vont vers mon père allongé par terre, quelques mètres plus loin du lieu où il est tombé. Ses jambes bougent encore.

A un mètre du corps, l’un des deux soldats saisit son arme et achève mon père à bout portant.

Je tente alors de m’approcher de mon père quand un soldat me l’interdit en me frappant avec son arme et en me poussant vers l’arrière.

Ils me ligotent les mains et me conduisent, ainsi que ma femme et mes enfants, vers la maison de notre voisin Solaymane Abou Taher, située à 50 mètres plus loin.

Dans cette maison, Ils nous enferment dans la salle de bain. Nous y sommes restés enfermés de sept heures du matin jusqu’à minuit, soumis à de longues heures de terreur, la mort pouvant s’abattre sur nous à tout instant, comme elle le fit avec mon père.

J’entends un soldat dire : « donne-lui deux balles dans la tête et jette-le à côté de son père ». Mais son officier objecte.

A la première heure de vendredi, les soldats israéliens m’informent de leur départ et m’ordonnent de ne rien faire pendant trois heures, après leur départ.

Après leur départ, je me précipite vers mon père. Son corps gît par terre, baignant dans son sang. Il ne bouge plus, il ne respire plus.
Il ne me restait plus qu’à porter le corps à sa demeure et à l’allonger sur le lit.

J’essaie sans résultats de contacter le Croissant Rouge : les forces de l’Occupation Israélienne sont encore là.

Il a fallu attendre vendredi 9 janvier 2009, 8 heures du matin, pour voir une ambulance arrivée sur les lieux, après le retrait des forces de l’Occupation, en vu de transporter le corps à l’hôpital.

Mobarak Al-Cherihi


ILS L’ONT ASSASSINE CAR IL INCARNAIT LE PIRE DE LEURS ENNEMIS, PLUS DANGEREUX ENCORE QUE LA JEUNESSE : LA MEMOIRE QUI RETRACE L’HISTOIRE DE LA PALESTINE

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