mardi 7 octobre 2008

Karima...

En terre de Palestine, s’accrocher à la vie est aussi un acte de résistance




Dimanche 5 octobre 2008

Karima(*) Abu Dalal, 30 ans, attendait l’autorisation de se rendre en Cisjordanie pour une deuxième transplantation de moelle osseuse, après une rechute de la leucémie qui s’était déclarée après la naissance de son fils.

Karima, originaire du camp de réfugiés de An-Nuseirat, au centre de la bande de Gaza, a appris qu’elle était atteinte de leucémie après la naissance de son fils Ahmad, il y a trois ans.

Sa maladie s’est rapidement étendue et elle n’a jamais pu allaiter son enfant.

A 26 ans elle a subi une première greffe de moelle en Egypte ; six mois plus tard un rejet chronique du tissu transplanté s’est produit et depuis sa santé s’est rapidement dégradée.

Maher, le mari de Karima l’a amenée dans un hôpital de Naplouse, au nord de la Cisjordanie, qui s’était récemment équipé pour les greffes de moelle osseuse. On l’a préparée pour une deuxième intervention chirurgicale.

Alors que les tests de compatibilité se poursuivaient et que la santé de Karima continuait à se détériorer, craignant la mort, elle a voulu revenir à Gaza afin de pouvoir dire adieu à son enfant et à sa famille.

Après cette visite, Maher a voulu la ramener à l’hôpital de Naplouse où l’opération était planifiée. Mais quand ils sont arrivés au point de passage entre Gaza et Israël, les autorités israéliennes l’ont empêchée de passer.

Informés de cet évènement, plusieurs organisations humanitaires israéliennes et Médecins sans Frontières sont intervenus. Ils ont transmis des rapports sur l’état de santé très grave de cette femme et des lettres de recommandation.
Les Israéliens ont maintenu leur refus, affirmant que, selon leurs « informations sécuritaires », Karima allait commettre un attentat à la bombe une fois qu’elle serait en Israël.

Des rapports supplémentaires produits par des médecins israéliens et internationaux ont été envoyés aux autorités militaires, expliquant que Karima était incapable de se tenir debout, et donc bien évidemment incapable de prévoir et de commettre un attentat en Israël.

Les services de sécurité et de renseignement israéliens ont réaffirmé que la femme représentait un danger sécuritaire pour Israël.

« Ce qui me blesse le plus c’est la fausseté de leurs informations. » dit Maher.
Il déclare avoir fait des demandes pour aller en Jordanie, comme alternative de traitement pour sa femme.
Il affirme avoir déposé six recours auprès des tribunaux israéliens pour faire appel de la décision des autorités militaires et pour obtenir la permission de faire passer Karima par le point de passage d’Erez situé au nord de la bande de Gaza.

La raison qui lui était donnée à chaque fois, pour lui refuser l’autorisation de quitter Gaza et l’accès au traitement pour sa femme fut :


«Informations top secrètes des services de renseignements israéliens»



En ce dimanche 5 octobre 2008, Karima fut déclarée cliniquement morte dans un hôpital de Gaza.

Pas trop loin de cet hôpital, toujours en terre occupée de la Palestine, un ministre, celui des affaires étrangères de France, celui qui prétend être un grand défenseur des droits de l’homme, préfère passer sous silence de marbre, devant ces actes criminels perpétrés quotidiennement par l’entité sioniste.
Cette dernière lui est si chère, au point de n’avoir comme souci que l’arme nucléaire iranienne.

Qu’importe le silence de ce ministre puisque Karima vit dorénavant en nous, renforçant ainsi notre détermination à résister…


(*) Le nom Karima signifie "généreuse" en arabe

6 octobre 2008
Raymond RICHA

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