jeudi 17 avril 2008

Il y a un paradis sous les pieds d'une mère

IL Y A UN PARADIS SOUS LES PIEDS D’UNE MERE



Je dédie cette page à G.W. BUSH, tout fier de ses frappes qui tuent à Bassorah, se réjouissant de voir les missiles fauchant la vie à Gaza et applaudissant tous les Sinioura du monde arabe se prosterner à ses pieds, prêts à sacrifier la terre et l’effort humain pour la survie de son ordre économique mondial…

Je dédie cette page à ces grands de ce monde gravitant sans cesse autour de cette poignée de gens dont le nombre se compte sans peine avec mes dix doigts, ces gens qui font la bourse, dérèglent le climat, s’en prennent à la nature jusqu’à bouleverser les saisons, pillent les richesses naturelles des peuples de l’hémisphère sud jusqu’à spéculer sur les denrées alimentaires de première nécessité, ces gens qui, de surcroît, au moindre ébranlement de leur système économique, crachent leurs mensonges, pratiquent la désinformation et finissent par lancer leur armada de guerre et de destruction contre les peuples têtus par leur résistance…

Je dédie cette page à ces petits qui n’ont jamais cessé de trahir la Lettre et l’Esprit d'Octobre 1917, jusqu’à pratiquer la traque des communistes et des démocrates, se réjouir de voir brûler les palais présidentiels lorsqu’ils sont démocratiquement investis par des hommes libres, assister inertes à l'assassinat du chanteur et du poète, pratiquer la collaboration de classes et la prôner à chaque échéance électorale sous le bruit assourdissant des fanfares jouant l’Internationale et sous des drapeaux rouges qui n’ont rien de l’authenticité de celui défendu par la Commune de Paris…

Je dédie cette page au locataire du Vatican bourré de sanitaires en or massif pouvant nourrir de centaines de milliers d’enfants affamés à travers le monde, ce locataire froid comme le marbre qui l’entoure et bouche bien cousue pendant que le missile, comme hier à Qana, traque à Gaza à la fois la maman, son bébé et son homme libre et résistant…

Je dédie cette page à ces Sarkozy tous fiers de leur civilisation chrétienne, donneurs de leçon de démocratie et de liberté à chaque instant jugé critique, confisquant le droit de résister aux peuples en lutte, tout en jouant les airs de l’hypocrisie dans leurs discours sur la Shoah ou sur la résistance contre le Nazisme…

Mais aussi je dédie cette page à toutes celles et tous ceux de tous les pays, de toutes les croyances et de toutes les races qui, libres, conjuguent en permanence le verbe « résister » jusqu’à tomber par amour infini de l’humanité…
Je la dédie également à toutes celles et tous ceux qui par leur courage osent dire « non » au mensonge orchestré et à la manœuvre bien rémunérée de falsification de l’Histoire…

Je la dédie aux miens, au Pays des Cèdres, comme à mes sœurs et frères de Gaza…Je la dédie à mon frère Al Kuntar, le Mandela libanais.
Je vous la dédie avec la voix de mon camarade Marcel.



Raymond RICHA
17 avril 2008





Les huit mensonges d’une mère

Amir Haider Shah

Cette histoire commence alors que j’étais petit enfant : je suis né pauvre. Souvent, la nourriture manquait. Quand nous en avions un peu, ma mère me donnait souvent sa part de riz. Tout en mettant son riz dans mon bol, elle me disait : « Mange ce riz, mon fils ! Je n’ai pas faim. » C’était le premier mensonge de ma mère.
Puis je me suis mis à grandir et ma mère a passé ses moments de loisir à pêcher dans une rivière, près de notre maison ; elle espérait qu’avec le poisson qu’elle prendrait, elle pourrait me donner des aliments plus nourrissants pour ma croissance. Une fois elle a attrapé deux poissons et elle a fait une soupe de poissons. Alors que je mangeais ma soupe, maman s’est assise à côté de moi et s’est mise à grignoter ce qui restait sur l’arête du poisson que j’avais mangé ; mon cœur a été touché quand je l’ai vue. Je lui ai donné l’autre poisson avec ma baguette mais elle a refusé aussitôt et m’a dit : « Mange ce poisson, mon fils ! Je n’aime pas le poisson. » C’était le deuxième mensonge de ma mère.
Puis, pour financer mes études, ma mère est allée à la fabrique d’allumettes et a ramené à la maison des boîtes d’allumettes vides qu’elle remplissait d’allumettes neuves. Cela lui permettait de gagner un peu d’argent pour couvrir nos besoins. Une nuit glacée d’hiver, je me suis réveillé et j’ai trouvé ma mère remplissant les boîtes d’allumettes à la lueur d’une bougie. Alors je lui ai dit : « Maman, va dormir ; il est tard : tu pourras reprendre ton travail demain matin. » Ma mère m’a souri et m’a dit : « Va dormir, mon fils ! Je ne suis pas fatiguée. » C’était le troisième mensonge de ma mère.
Quand je suis allé me présenter à mon examen de fin d’études, ma mère m’a accompagné. Depuis l’aube, ma mère m’a attendu, pendant des heures, jusque sous la chaleur du soleil. Quand la cloche a sonné, j’ai couru vers elle. Ma mère m’a embrassé et m’a versé une tasse du thé qu’elle avait préparé dans un thermo. Le thé n’était pas aussi fort que l’amour de ma mère, la voyant couverte de transpiration je lui donne alors ma tasse et lui demande de boire aussi. Ma mère m’a dit : « Bois, mon fils ! Je n’ai pas soif. » C’était le quatrième mensonge de ma mère.
Après la mort de mon père, ma mère a dû remplir le rôle de parent unique. Il lui a fallu reprendre son ancien emploi et assurer, seule, nos besoins. Notre vie familiale s’en est trouvée plus compliquée. Nous avons souffert de la faim. Voyant les conditions de notre famille empirer, mon oncle, prévenant, qui vivait près de chez nous, est venu nous aider à résoudre nos problèmes, petits et grands. Nos autres voisins ont vu que nous étions frappés par la pauvreté et ils ont souvent recommandé à ma mère de se remarier. Mais elle refusait disant : « Je n’ai pas besoin d’amour. » C’était le cinquième mensonge de ma mère.
Quand j’ai eu fini mes études et obtenu un travail, le temps était venu pour ma vieille mère de prendre sa retraite mais elle a continué d’aller sur les marchés, chaque matin, pour vendre quelques légumes. J’ai voulu lui envoyer de l’argent mais elle est restée inébranlable et elle m’a même retourné l’argent. Elle m’a dit : « J’ai assez d’argent. » C’était le sixième mensonge de ma mère.
J’ai poursuivi mes études à temps partiel pour ma maîtrise. Financées par la Corporation américaine pour laquelle je travaillais, mes études ont été réussies. Avec un grand bond dans mon salaire, j’ai décidé d’amener ma mère à profiter de la vie en Amérique, mais ma mère ne voulait pas être un souci pour son fils, elle m’a dit : « Je n’ai jamais aimé la grande vie. » C’était le septième mensonge de ma mère.
A ses vieux jours, ma mère a été atteinte d’un cancer et il a fallu l’hospitaliser. Vivant maintenant de l’autre côté de l’océan, je suis rentré pour voir ma mère qui était clouée au lit suite à une opération. Ma mère essayait de me sourire, j’ai eu le cœur brisé de la voir si maigre et si faible, mais ma mère a dit : « Ne pleure pas, mon fils ! Je ne souffre pas. » C’était le huitième mensonge de ma mère.
Et en me disant son huitième mensonge, elle est morte.
OUI, MA MERE ETAIT UN ANGE !

M - O - T - H - E - RM pour le [million] de choses qu’elle m’a données
O signifie seulement qu’elle est allée jusqu’à la vieillesse [Old]
T pour les larmes qu’elle a versées pour me sauver [Tears]
H pour son cœur d’or [Heart]
E pour ses yeux brillant de tant d’amour [Eyes]
R veut dire juste, et juste toujours elle sera [Right].
Mettez toutes ces lettres ensemble, elles épèlent le mot MOTHER (mère), un mot qui signifie le monde pour moi.
Pour ceux d’entre vous qui ont la chance d’être toujours heureux avec la présence de leur maman sur la terre, cette histoire est belle. Pour ceux qui n’ont plus ce bonheur, elle est encore plus belle.
C’est pourquoi nous disons : « IL Y A UN PARADIS SOUS LES PIEDS D’UNE MERE ».
Reçu de Solafa Deabella, Gaza, Palestine - Traduction de l’anglais : JPP

1 commentaire:

Espérance a dit…

Tout simplement magnifique. Plus je lisais et plus les larmes emplissaient mes yeux, d' emotion.D'amour.
J'ai encore la chance d avoir ma mere et aussi, d'etre mere; je suis certaine que cette maman là, malgre sa vie dans l'au-delà, aura reçu tout l'amour de son fils.
De tels mots d'amour et de reconnaissance sont un rayon de soleil dans ce monde orageux.
Merci de nous l'avoir fait partager.

Espérance